14/03/2006
Dramatique. Problème insoluble.
YVAN : « Alors dramatique, problème insoluble, dramatique, les deux belles-mères veulent figurer sur le carton d’invitation. Catherine adore sa belle-mère qui l’a quasiment élevé, elle la veut sur le carton, elle la veut, la belle-mère n’envisage pas, et c’est normal la mère est morte, de ne pas figurer à côté du père, moi je hais la mienne, il est hors de question que ma belle-mère figure sur le carton, mon père ne veut pas y être si elle n’y est pas, à moins que la belle-mère de Catherine n’y soit pas non plus, ce qui est rigoureusement impossible, j’ai suggéré qu’aucun parent n’y soit, après tout, nous n’avons plus vingt ans, nous pouvons présenter notre union et inviter les gens nous-mêmes, Catherine a hurlé, arguant que c’était une gifle pour ses parents qui payaient, prix d’or, la réception, et spécifiquement pour sa belle-mère qui s’était donné tant de mal alors qu’elle n’était même pas sa fille, je finis par me laisser convaincre, totalement contre mon gré mais par épuisement, j’accepte donc que ma belle-mère que je hais, qui est une salope, figure sur le carton, je téléphone à ma mère pour la prévenir, je lui dis maman, j’ai tout fait pour éviter ça mais nous ne pouvons pas faire autrement, Yvonne doit figurer sur le carton, elle me répond si Yvonne figure sur le carton, je ne veux pas y être, je lui dis maman, je t’en supplie, n’envenime pas les choses, elle me dit comment oses-tu me proposer que mon nom flotte, solitaire, sur le papier, comme celui d’une femme abandonnée, au-dessous de celui d’Yvonne solidement amarré au patronyme de ton père, je lui dis maman, mes amis m’attendent, je vais raccrocher, nous parlerons de tout ça demain à tête reposé, elle me dit et pourquoi je suis toujours la dernière roue du carrosse, comment ça maman, tu n’es pas la dernière roue du carrosse, bien sûr que si, quand tu me dis n’envenime pas les choses, ça veut dire que les choses sont déjà là, tout s’organise sans moi, tout se trame derrière mon dos, la brave Huguette doit dire amen à tout et j’ajoute, me dit-elle – le clou - , pour un évènement dont je n’ai pas encore saisi l’urgence, maman, des amis m’attendent, oui, oui, tu as toujours mieux à faire tout est plus important que moi, au revoir, elle raccroche, Catherine, qui était à côté de moi, mais qui ne l’avait pas entendue, me dit, qu’est-ce qu’elle a dit, je lui dit elle ne veut pas être sur le carton avec Yvonne, et c’est normal, je ne parle pas de ça, qu’est-ce qu’elle a dit sur le mariage, rien, tu mens, mais non Cathy je te jure, elle ne veut pas être sur le carton avec Yvonne, rappelle-la et dis-lui que quand on marie son fils, on met son amour-propre de côté, tu pourrais dire la même chose à ta belle-mère, ça n’a rien à voir, s’écrie Catherine, c’est moi, moi qui tiens absolument à sa présence, pas elle, la pauvre, la délicatesse même, si elle savait les problèmes que ça engendre, elle me supplierait de ne pas être sur le carton, rappelle ta mère, je la rappelle, en surtension, Catherine à l’écouteur, Yvan, me dit ma mère, tu as jusqu’à présent mené ta barque de la manière la plus chaotique qui soit et parce que, subitement, tu entreprends de développer une activité conjugale, je me trouve dans l’obligation de passer un après-midi et une soirée avec ton père, un homme que je n’ai pas revu depuis dix-sept ans et à qui je ne comptais pas exposer mes bajoues et mon embonpoint, et avec Yvonne qui, je te le signale en passant, a trouvé le moyen, je l’ai su par Félix Perolari, de se mettre au bridge – ma mère aussi joue au bridge – tout ça je ne peux pas l’éviter, mais le carton, l’objet par excellence que tout le monde va recevoir et étudier, j’entends m’y pavaner seule, à l’écouteur, Catherine secoue la tête avec un rictus de dégoût, je dis maman, pourquoi es-tu aussi égoïste, je ne suis pas égoïste, je ne suis pas égoïste Yvan, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi et me dire comme madame Roméro ce matin que j’ai un coeur de pierre, que dans la famille nous avons tous une pierre à la place du coeur, dixit madame Roméro ce matin parce que j’ai refusé – elle est devenue complètement folle – de la passer à soixante francs de l’heure non déclarée, et qui trouve le moyen de me dire que nous avons tous une pierre à la place du coeur dans la famille, quand on vient de mettre un pacemaker au pauvre André, à qui tu n’as même pas envoyé un petit mot, oui bien sûr c’est drôle, toi tout te fait rire, ce n’est pas moi qui suis égoïste Yvan, tu as encore beaucoup de choses à apprendre de la vie, allez mon petit, file, file rejoindre tes chers amis, va, va…
Silence.
SERGE. Et alors ? »
22:24 Publié dans Théâtre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le persécuteur
Y'en a un, dont vous avez surement déjà entendu le nom, et ben c'est un persécuteur de chat. Et je me dois de m'émouvoir de cela (oula c'est assez lourd !).
Il s'appelle Erwin Schrödinger, est né en 1887 et est mort en 1967. Profession : "père fondateur de la mécanique ondulatoire", en fait, il fut l'un des premiers à développer la mécanique quantique. Et c'est à cause de cette "mcéanique quantique" que nos chats sont en danger !
En effet, un des principes fondamentaux de la mécanique quantique est la superposition d'état d'une particule (théorie à l'origine des futurs ordinateurs quantiques à qbits). Ainsi, dans la nouvelle mécanique, une particule peut être soit dans un état, soit dans l'autre, soit dans les deux à la fois ! Et c'est la mesure qui va faire bifurquer la particule dans un des états, puisqu'elle-même perturbe le système (cf principe d'incertitude). et ce sal**d d'Heisenberg a imaginé une expérience : on enferme un chat dans une boite fermée, et un dispositif tue le pauvre chat dès qu'un atome radioactif se désintègre (par exemple avec un compteur geiger qui abaisse ensuite un marteau pour casser une fiole de produit mortel). SI la probabilité qu'un atome se désintègre au bout d'une durée t est de 1/2, l'atome est pour la physique quantique soit dans un état, soit dans l'autre. Le chat, relié à cet atome, serait donc soit dans un état, soit dans l'autre, tant qu'on ne regarde pas à l'intérieur de la boite...
Et voici comment un homme a conçu une expérience qui n'a d'autre but que de tuer des félins. Mes pauvres chats, allez-vous donc planquer... Entre la grippe et les savants fous, vous allez devenir une espèce en voie de disparition !
22:10 Publié dans Animaux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/03/2006
Caricatures de Mahomet
En septembre 2005, un quotidien danois publie douze caricatures, assez médiocres il faut le dire, de Mahomet. L’affaire prend très vite de l’ampleur, et le quotidien français France Soir publie au nom de la liberté d’expression ces caricatures, suivi par une publication partielle des caricatures dans Le Monde et Libération. Quelques jours plus tard, Charlie-Hebdo les publie à son tour. Les réactions sont assez vigoureuses dans le monde musulman.
Attardons-nous d’abord sur les caricatures proprement dites. Vous devez savoir, si vous ne pratiquez pas l’Islam, que représenter le prophète Mahomet, est, dans les textes sacrés musulmans, strictement interdit. D’où une conséquence logique : peut-on, en démocratie, représenter le prophète ? Bien évidemment, oui. Le caricaturer ? Il n’existe aucune représentation de Mahomet datant de l’époque à laquelle il a vécu, contrairement à Jésus. Nous aurions donc bien du mal à le caricaturer... La liberté d’expression est bien au-dessus des interdits religieux, et heureusement pour nous. En France, ce ne sont pas les textes sacrés qui font la loi, contrairement à d’autres pays, et, depuis 1905, nous avons la garantie d’une séparation Etat-Eglise.
Mais c’est au rédacteur en chef d’un journal d’apprécier la pertinence d’un dessin. Il est vrai que ceux-ci ne semblaient pas appropriés dans les temps de tensions que traversent pays occidentaux et pays du Moyen-Orient, surtout qu’un des dessins pouvait être interprétée comme faisant l’amalgame entre musulmans et islamistes. Mais même si le rédacteur en chef a commis une erreur en publiant ces dessins, même si ces dessins ne vont pas dans le sens de l’idéal de tolérance qu’on nous prône, pourquoi ont-ils fait autant de bruit, surtout 3 mois après leur parution au Danemark ? Ce ne sont pas des dessins exceptionnels, ils ne font pas rire, assez mal dessinés, n’ont pas de message à faire passer, ils sont, en un mot, nuls. Et n’importe quel lecteur sensé du journal le voyait tout de suite. Et pourtant, personne ne dit rien lorsqu’on caricature Jésus…
Contrairement à ce qu’on veut nous faire penser, ce n’est pas un problème de «de l’autre, de sa religion, etc.», en France en tout cas. Non, c’est le contexte international qui a provoqué ces polémiques, du fait que dans certains pays, les plus musulmans, l’interdit religieux est au-dessus de la loi. Nous n’avons pas la même culture de la liberté, qui est une notion très occidentale en fait. Et ces pays là, avec qui nos relations sont assez conflictuelles, ont instrumentalisé ces dessins pour faire naître un sentiment anti-occidental. La preuve en est que la parution de ces dessins par un journal égyptien bien avant Janvier n’avait eu aucun effet ! Mais on peut également s’interroger sur ces polémiques. Elles n’étaient pas justifiées. La justice française, après la plainte du Conseil Français du Culte Musulman, a été saisie. Les journaux incriminés vont donc payer des amendes. Et, de plus, ces dessins ne sont pas représentatifs du sentiment général des occidentaux envers les pays à majorité musulmane, malgré les différences culturelles très fortes.
Enfin nous pouvons terminer par la «» de certaines associations musulmanes danoises ayant publié des dessins antisémites, confondant ainsi un événement, la Shoa, et ses dix millions de morts, avec un racisme primaire anti-musulman…
20:42 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


